Majordome
année : 2023-2024
école : Le Verseau
classe : 5e secondaire
1. Atelier d'écriture
Ça fait 120 ans que j’existe. Je suis le majordome d’une famille riche depuis 120 ans... 120 ans que je me fais maltraiter pour rien. Depuis tout ce temps je me fait frapper et démanteler. J’ai vu 3 générations passer et j’en verrai beaucoup d’autres dans le futur. Tous les jours de ma vie depuis ma création, je les ai passés à nettoyer mes taches de carburant, coulées des violences que je subis. Mais aujourd’hui c’est différent. Ils sont plus violent. Ils utilisent leurs matraques éléctriques, et me détruisent complètement. Cette fois, je ne peux pas réparer les dégâts, je ne peux pas simplement graisser les articulations et sourire. Cette fois ci, c’est finit pour moi, je suis dans le dépotoir et je ne peux faire plus qu’une seule chose, c’est m’éteindre et ne plus me réveiller. Sauf que, comme par miracle, je sens de la lumière dans mes yeux.C’était une petite cabane dans un coin du dépotoire. Je vois encore flou, le temps que je puisse m’habituer à voir de nouveau, j’écoute. J’entends une voix, elle est distincte au début mais petit à petit je comprends des mots. Une voix de vieil homme, il est gentil. Je vois de plus en plus. Il est grand, très grand même. Il me dit qu’il n’a pas pu me réparer entièrement et que certaines parties vont devoir être remplacées mais qu’il n’a pas les moyens. Je vois tout maintenant, il est très grand et ce n’est pas simplement un vieux monsieur, il a remplacé la moitié de ses parties humaines par des pièces robotiques. En voyant ça, je me demande si je ne serais pas un peu plus humain avec ce genre de mixité. Alors je lui demande, je lui demande s'il peut me faire une opération comme ça, s'il peut me rendre plus humain. Il a l’air un peut étourdi par ce que je lui demande. Il me dit que ce n’est pas possible. Mais je le supplie quand même. Je lui demande quand même d’alléger ma souffrance. Il y pense, une minute, deux minutes, trois minutes. Un silence intense pèse dans la pièce unique de la cabane. Il accepte. Il me dit qu’il le fera. Qu’il me donnera même une grosse partie de ses restes humains à lui. Il veut bien tout me donner même, sauf son coeur et son visage. Quand je me réveille après l’opération, je peux ressentir une brise sur ma nouvelle peau. J’ai des muscles humains, un foie, un estomac et des poumons humains. Même un système circulatoire. Je crois même que je ressens de la joie. Pendant quatre, cinq ou peut être même six ans tout se passe très bien. On vivait heureux même. Mais on était pauvre. Et il devait de l’argent à des gens, des gens qui respectent l’argent plus que les humains. Alors ils viennent réclamer leurs argent. Ils fraccassent la porte, le trainent dehors dans le dépotoir et lui demande où se trouve leur argent. On avait rien comme argent donc il a dit qu’on n’avait pas d’argent pour eux. Un premier coup part, quelques secondes après un autre, moins de temps après encore un. Puis un autre. Après quelques secondes, ils ne font que le demanteler. Les pièces métalliques craquent, il crie, il crie tellement fort. Et moi je ne fais que regarder. Je regarde et j’attends. Quand ils en ont finit avec lui je sors. Lentement je marche vers le cadavre de mon sauveur. La seule chose que je fais c’est lui voler son visage et son coeur. Les seules choses qui me manquaient pour être vraiment humain. Pendant des mois je fais semblant d’être lui. Je vole de l’argent à des gens pour pouvoir acheter des drogues biologiques et numériques. Je fais tout pour simplement ressentir quelque chose comme un humain. Au fur et à mesure d’un abus constant de drogues biologiques, mes organes humains se déteriorent. Ils risquent tous de mourir. Et sans eux, mon coeur ne peut pas survivre et je ne serai plus humain. Alors je cherche de nouveaux organes. Je trouve un femme dans une ruelle. Je la frappe derière la tête, elle tombe. J’enfonce mes mains métalliques et froides dans son ventre. La chair rompt. Je prends les organes. Mais je me rends compte que je ne ressens rien. Tuer quelqu’un ne m’a fait ressentir aucune émotion. Je n’ai jamais rien ressenti de ma vie. Alors je marche. Je marche jusqu’à ce que je ne trouve plus de ville, jusqu’à ce que je vois de la végétation. Jusqu’à ce que je trouve une falaise. Et la je reste, au bord je ne bouge plus, je réfléchis. Enfin, réfléchir, ce n’est qu’une suite de zéros et de uns qui se suivent dans un processeur. Parce qu’au fond je ne suis qu’une machine. Je ne suis qu’un robot dépourvu d’émotions, dépourvu de regrets ou de joie. Rien qu’un robot. Alors je m’arrache le coeur, ma seule connection au monde humain. Et je tombe, dans l’eau bleue foncée et trouble. Le robot coule, mais les parties humaines remontent. De toute façon, ni mon sauveur ni moi nous n’allons manquer au monde.